LE NUMÉRIQUE, UN EXEMPLE ADRESSÉ À L’ÉCONOMIE  TOUT ENTIÈRE

Par Lucile HYON-LE GOURRIEREC

L’éclatement de la bulle internet en 2001 ne semble qu’un lointain souvenir : l’économie numérique a connu depuis un développement sans précédent et semble ignorer la crise. En 2015, 83  % des ménages européens disposaient ainsi d’un accès à in-ternet à haut débit, et les Français de moins de 35 ans étaient 90 % en 2015 à détenir un smartphone. Avec pour tendance forte l’explosion du nombre de terminaux connectés par personne : la part des Français utilisant au minimum 3 terminaux a augmenté de 25 % en 2015. Conséquence directe de ce taux d’équipement record, le e-commerce se déplace vers le mobile, avec la béné-diction de consommateurs de plus en plus connectés. En Europe, le taux de couverture du réseau mobile 3G at-teint désormais 90 %.

Des e-consommateurs de plus en plus nomades

Les pratiques de mobilité en ligne explosent, et les ventes en ligne réalisées en France depuis les smartphones et tablettes, qui représentent désormais 6 milliards d’euros, soit 10 % du marché national de la vente en ligne, ont ainsi progressé de 29 % en 2015. Une croissance supérieure à celle du marché national de la vente en ligne, qui s’élève pourtant déjà à 14,3 % sur la même période !5 Les smartphones, les tablettes et autres terminaux connectés présentent donc un potentiel considérable pour la consommation mobile. En 2015, près de 47 % des Français se connectaient à internet aussi souvent par smartphone que par ordinateur, contre seulement 37 % en 20146. Un chiffre qui devrait continuer de croître et qui montre le potentiel des terminaux connectés. Les possibilités de géolocalisation des outils de mobilité rendent possible de nouvelles pratiques de proximité : livraison de repas à domicile (AlloResto, TakeEatEasy), commande d’une course en taxi ou en VTC (Uber, Heetch)… Le client connecté n’achète plus simplement des produits, mais échange avant tout des services à travers des plateformes. Ces dernières, à l’image d’Uber, nourrissent parfois la polémique en désintermédiant des pans entiers de l’économie. “Désintermédiation” : le mot implique de grands bouleversements pour certains métiers bien établis, mais promet aussi des chances à saisir dans cette reconfiguration profonde du paysage économique.