D’après “Game informer”, magazine de jeux vidéo Américain, “discutant avec [leurs] propres sources, il [leur] a été suggéré que l’annonce du Game Pass sur Switch pourrait avoir lieu dès cette année”.

Rappelons que Microsoft et Nintendo étaient déjà arrivé à un accord avec la sortie du encore très populaire Minecraft sur Switch. En effet, les joueurs Nintendo pouvaient non seulement profiter du jeu racheté par Microsoft en 2014 contre une coquette somme de 2 milliards d’euros, mais surtout bénéficier du “cross-plateform” entre les 2 consoles malgré le fait que ces 2 géants soient concurrents : c’est à dire que les joueurs pouvaient jouer ensemble, ce qui est un fait relativement rarissime dans le petit monde du Jeux vidéo pour être remarqué, et salué pour le bien des joueurs.

Depuis, les choses ont l’air de sacrément s’accélérer, et notamment depuis quelques semaines. Les spécialistes le savent, les modèles économiques changent très vite dans le jeux vidéo. C’est même le marché le plus vivace en la matière ce qui peut s’avérer déroutant de l’aveu même du président d’Ubisoft dans une interview donné en 2017.

Rappelons qu’en 2009, il y’a donc 10 ans, une entreprise comme Electronic Arts (Fifa, Battlefield) générait 70% de son C.A via la vente de jeux physiques. D’après des sources fiables, ce % serait actuellement passé en dessous des 30%, ce qui signifie que les transactions en ligne et la vente de jeux dématérialisés ont pris une importance capitale qu’il était assez délicat de deviner il y’a encore 3 ans. Non pas que les analystes n’avaient pas vraiment vu venir le déclin de la vente physique au profit de la vente dématérialisée. C’est plutôt la propension des jeux devenu “Game as a service” qui a fait exploser les revenus générés par les transactions en ligne.

Le graphique ci-dessous est issu du site lesechos.fr. Les chiffres eux datent de l’année 2011 pour les 3 principaux éditeurs de jeux vidéo au monde.

Microsoft, qui propose depuis un certains temps son offre de “Xbox Game Pass”, service d’abonnement permettant d’accéder à l’intégralité du catalogue exclusif “Xbox” et ceci dès sa sortie, souhaite faire évoluer son offre -et faire gonfler son C.A- grace à ses services de streaming et d’abonnements. Cela signifie clairement que Microsoft ne compte plus vraiment sur la vente de jeux en boîte (qui connait une crise qui s’est accélérée ces 2 dernières années) que l’on peut facilement constater en observant la chute brusque et très importante du principal réseau distributeur de jeux vidéo aux États-Unis : “Gamestop” (-475 millions d’euros de C.A en 2018), qui est aussi propriétaire de l’enseigne française Micromania.

Il semble vraissemblablement acquis que l’avenir de la consommation du jeux vidéo prennent la forme d’un abonnement, voir de plusieurs formes d’abonnements, obligeant les joueurs à se connecter à un compte leur donnant accès à un catalogue de jeux, un peu comme certains géants de la SVOD le font actuellement. (Netflix, OCS, Amazon prime…). L’un des mots d’ordre actuel de Microsoft est d’ailleurs “Play Anywhere”. Le “Anywhere” correspondant donc aux différents “device”. Que ce soit un Smartphone androïd, Apple, un PC, une console Xbox et donc maintenant une Nintendo Switch. C’est en tout cas ce qu’affirme le site Jeuxvideo.com dans un article récent.

Rappelons que Microsoft, soucieux cette fois de bien prendre le virage des différents changements de modèles économiques qui se dévoilent petit à petit, n’aura jamais su rattraper son retard en terme de ventes sur la PS4 de Sony (Sony aurait, fin 2018, écoulé près de 92 millions de sa PS4). Microsoft ne communique d’ailleurs plus ses chiffres de ventes, mais des analystes parlent d’un parc installé tournant autour des 40 millions, ce qui donne un ratio de plus de 2 PS4 pour 1 Xbox One. Microsoft ronge son frein en silence, attendant le changement de génération de consoles le plus rapidement possible afin de rabattre les cartes.

L’arrivée de jeux Microsoft sur Switch s’est confirmé lors du dernier Nintendo Direct de Février. Les rapprochements entre les 2 firmes s’étant tout simplement faits à Redmont en traversant la rue, vue que le siège social des deux entreprises se situent l’un en face de l’autre. C’est en tout cas ce que sous entend Jeuxvidéo.com qui a l’air très bien renseigné. Hellblade, dont le studio vient d’être racheté par Microsoft va donc débarquer dès cette année sur la console de Nintendo.

Jeux video.com indique aussi que “Ori and the blind forest”, ainsi que “Cup Head”, jusqu’alors exclusif à la Xbox et au PC, lui emboiteraient le pas. La possibilité de se connecter au réseau “Xbox live” via son smartphone ou sa Nintendo Switch serait dès lors prévu très prochainement. Ce qui permettrait aux joueurs d’avoir accès à leurs succès, à leur liste d’amis, et donc d’échanger avec eux. L’arrivée du service “Xbox Game Pass” serait aussi dans les cartons, avec la possibilité qu’une grosse licence totalement exclusive à l’environnement Xbox suive aussi (Halo, Forza ou Gears Of War).

Rappelons aussi que Microsoft prépare aussi “Xcloud”, son propre futur service de Streaming de jeux vidéo. Ce service permettra de se connecter sur une plateforme à distance donnant accès à des jeux vidéo tout en sachant que la puissance dépendra du “cloud” et non du “device” que vous utilisez.

La Nintendo Switch a déjà expérimenté ce service au Japon notamment via le récent Resident Evil 7 (2017), ne pouvant pas tourner décemment sur la console hybride de Nintendo. L’arrivée du “Xbox Game Pass” sur cette console signerait la volonté de Microsoft de s’affranchir du côté aléatoire des ventes des jeux, l’abonnement représentant un modèle plus fiable et plus intéressant.

On imagine que du côté de  Nintendo, on est aussi très intéressé par ce service. Leurs consoles depuis la Nintendo Wii se différencient des 2 mastodontes que sont Sony et Microsoft en proposant des concepts atypiques et dédiés, mais ne leur permettent pas d’accueillir le catalogue de gros jeux demandant plus de ressources hardware. Le président actuel de Nintendo a d’ailleurs confié lors d’une interview, qu’il n’était pas non plus totalement inenvisageable que Nintendo stoppe un jour la production de consoles de jeux. La vente de consoles n’assurant plus autant de bénéfices, on peut alors imaginer et mieux comprendre un Nintendo qui changerait son fusil d’épaule en devenant un éditeur tiers à part entière, proposant via un système d’abonnement un accès à leur catalogue de jeux.

Mais pour le moment, c’est plutôt du côté de chez Microsoft que les planètes ont l’air de s’aligner, dans le sens de l’abonnement, du “Play Anywhere”, quitte à s’affranchir complètement des règles d’antan qui interdisaient aux constructeurs de consoles de proposer leurs jeux sur des plateformes dès lors concurrentes.

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